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Entretien exclusif avec Léna Situations, la plus influente influenceuse de la luxe au monde, accordé par Forbes France


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    Phénoménale Léna Situations ! La vingtenaire affole les compteurs sur les réseaux sociaux, la fashionsphère est à ses pieds, le monde de l’édition a été pris de court par son livre best-seller ‘Toujours plus’ (Robert Laffont)  écoulé à plus de 250 000 exemplaires ; quant au New York Times, il l’assure : « A star is born » . Qui es-tu Léna Mahfouf, alias Léna Situations ? Considérée aujourd’hui comme la plus puissante des influenceuses, la Parisienne ou le « succès de l’authenticité » vient de déboulonner Chiara Ferragni du podium en décrochant la première place dans la dernière enquête de Launchmetrics.  Entretien à cœur ouvert avec une fille en or !


    Comment Léna Mahfouf vit-elle le phénomène Léna Situations ?

    Léna Situations : Un peu à retardement, je dirais. Je ne me rends compte des choses qu’après coup. D’ailleurs, ce sont souvent mes proches et ma communauté qui me font prendre conscience de tout ce qu’il se passe ! De mon côté, je m’implique énormément pour essayer de proposer régulièrement quelque chose de frais, de divertissant, de cool. Je suis dans ma petite bulle de création de contenus où je partage des moments de vie authentiques. Parfois je suis inspirée, parfois je ne le suis pas. J’ai la chance d’avoir le même cercle d’amis avant que Léna ne soit devenue « Léna Situations », et puis il y a, bien sûr, ma famille, mon pilier. Ainsi, de mon point de vue, il n’y a pas grand-chose qui a changé, c’est plus la vision qu’ont les gens de moi. On me crédite d’une grande valeur alors que je travaille exactement de la même façon que lorsque je n’avais que cinq abonnés (rires). Aujourd’hui, j’en ai des millions mais je ne me sens pas décalée avec tout cela puisque je suis toujours habitée par cette philosophie.

    En jetant un coup d’œil sur les différentes plateformes, on peut voir que votre quotidien passionne quelque cinq millions d’abonnés… Comment l’expliquez-vous ?

    L.S. : En fait, je suis juste moi, une vingtenaire qui se raconte à travers des tranches de vie. Mon objectif initial était de faire de ces instantanés du quotidien – souvent banals – des séquences dynamiques, fun. Je me suis beaucoup inspirée de la série Friends – que j’adore – dans laquelle on n’a pas besoin d’avoir un super-héros avec des super-pouvoirs, un Marvel ou autres, pour passer vingt minutes et s’attacher à des personnalités, à des gens, à des moments de vie… Tout est dans la créativité, le montage et l’authenticité.  

    Vous êtes assez iconoclaste… Depuis le début vous avez pris le contrepied en prônant ce côté « authentique, nature ».

    L.S : J’ai très vite compris que ce n’était pas moi cette fille faussement parfaite photoshoppée des magazines et « filtrée » sur Instagram. Cette « fille » qui fait du yoga, se réveille tôt le matin pour méditer, qui ne fait jamais d’écart alimentaire… Je n’aurais jamais pu suivre ce rythme de vie (rires). Ainsi, quand j’ai commencé sur les réseaux sociaux, rappelons-nous que j’étais loin de la mère patrie car j’étudiais aux Etats-Unis à New York, alors forcément j’étais coupée de ce qui se passait en France. Je n’avais pas peur des retours sur mes vidéos et posts, donc je restais juste « moi ». Et puis en revenant, il n’était plus possible de me changer, de me faire rentrer dans le moule de la « fille parfaite ». Être décoiffée et démaquillée n’étaient pas insurmontable pour moi. D’ailleurs c’est nous mentir que de dire que nous sommes tous les jours tirés à quatre épingles ! En outre, je me suis interrogée sur ce que j’aimais voir chez les autres : j’apprécie quand quelqu’un se montre vulnérable, cela me rassure et me permet de m’identifier.  Aussi, c’est tellement récréatif d’avoir une petite bulle quotidienne à travers des stories agréables à regarder, feel-good, où personne ne vous interpelle sur vos actions, sur ce que vous êtes. On a tous besoin d’échapper à son quotidien.

    Dans vos posts, vous aimez dire à votre communauté : « When you receive, you give » (Quand on reçoit, on partage). C’est une règle de vie chez vous ?

    L.S : Cette manière de voir la vie me vient de mes parents, de mon éducation où la notion de « partage » est essentielle. Ma mère m’a toujours dit que lorsque je percevrai mon premier salaire, je devrai « partager ou faire un cadeau ». Pour elle, il est important d’être conscient de sa situation et de manifester sa reconnaissance autour de soi, car, quand quelqu’un vous donne une chancen alors il faut transmettre cette main tendue. D’une façon ou d’une autre. Dans ma famille, on a toujours pensé qu’on pouvait faire un effet boule de neige. Derrière ce message, mes parents m’ont fait comprendre que quand on a du pouvoir, il faut l’utiliser à bon escient.

    Léna Situations : « On me crédite d’une grande valeur alors que je travaille exactement de la même façon que lorsque je n’avais que cinq abonnés ! Je suis avant tout une créatrice de contenus, l’influence n’est pas une fin en soi pour moi. »

    A 24 ans, vous avez donc un vrai besoin d’être utile, d’avoir un impact ?

    L.S : D’être utile oui. Lorsque j’ai commencé à rassembler une communauté de plusieurs millions sur les réseaux sociaux, je me suis posé la question de savoir ce que je voulais valoriser dans mes contenus et les messages que je pouvais partager. Je ne me rendais pas compte au début de l’impact de mes stories. En fait, dans mon esprit, je me contentais de m’épanouir dans ma passion de créatrice de contenus qui était mon hobby de toujours ! Il était donc assez déroutant de voir que je n’étais finalement pas dans le registre de la légèreté puisque mes posts et stories suscitaient beaucoup de partages, de réactions. Je ne considérais pas du tout exercer un « véritable métier ». Ainsi, quand j’ai commencé à sensibiliser mon audience sur certaines associations caritatives ou initiatives humanitaires, j’ai réalisé qu’un large public n’était pas éduqué à cela.

    Une fois, j’avais partagé une pétition et plein de jeunes m’ont demandé si c’était payant, comment cela fonctionnait, à quoi cela servait, etc. De fait, c’est devenu un vrai plaisir d’essayer de les accompagner dans cette prise de conscience, et non pas juste leur dire « il faut faire ça parce que c’est bien » ou « il ne faut pas faire ça parce que ce n’est pas bien ». Essayer de communiquer la juste information et d’accompagner ma communauté au mieux pour qu’elle fasse un choix éclairé, je pense que c’est la meilleure façon de parler aux gens sur les réseaux sociaux, et de les sensibiliser.

    © Jérôme Domine

    Internet et les réseaux sociaux peuvent-ils faire bouger les lignes ?

    L.S : J’en suis convaincue ! On le voit bien sur les sujets sociétaux par exemple. Le plus important est toujours de trouver les bonnes personnes pour ouvrir des conversations, des personnes qui ne sont pas « en guerre », juste mobilisées pour éduquer les gens. Lorsqu’Antoine Griezmann se déguise en basketteur noir, on a vu sur les plateformes les gens expliquer pourquoi ce n’était pas bien et en quoi ce « blackface » pouvait blesser. Il s’en est excusé. Des histoires comme cela, on ne les apprend pas à l’école. Moi, la première, j’ai été sensibilisée à ce sujet grâce aux réseaux sociaux. Certes, il y a plein de zozoteries sur Internet, ne mettons pas des œillères, mais sachons reconnaître aussi qu’il y a plein de choses extrêmement positives, faisant avancer les débats, les entreprises ou personnalités dans leurs positions.

    Vous êtes riche d’une double culture : française et algérienne. En ces temps électoraux où certains considèrent que le multiculturalisme n’est finalement pas une chance pour la France, comment ressentez-vous et vivez-vous ce discours-là ?

    L.S : J’ai beaucoup de distance avec ce genre de discours car j’ai l’impression que c’est un sujet qui appartient à l’ancienne génération. En vingt ans, je n’ai jamais été interpellée sur la question de mes origines, de mes croyances car, en fait, c’est juste un non-sujet chez moi et autour de moi. Dans ma génération, ce qui prime avant tout a un lien avec « la personnalité » et « les valeurs ». On s’attarde plutôt sur l’humour d’une personne, sur sa philosophie de vie. En somme, on s’intéresse vraiment à ce qui se trouve à l’intérieur de la personne sans jamais questionner ce que l’on peut pas contrôler et qui est finalement tellement secondaire comme le genre, l’attirance sexuelle, la religion, l’origine… Je suis franco-algérienne et j’en suis très fière !

    C’est une part de moi, de ma personnalité et c’est ce qui compte à mes yeux. Je me sens donc loin de ces discours has been. L’origine, la couleur de peau, on a laissé tout cela au passé. Je pense aussi que les réseaux sociaux ont eu un grand impact sur cela, puisque dans les médias traditionnels, on ne laissait pas la place aux personnes racisées. Il y avait de fait beaucoup de projections sur les personnes issues de la diversité.

    Ces derniers temps, vous vous êtes exprimée sur votre syndrome de l’imposteur. Vous avez pourtant beaucoup plus de fans, qui adhérent à votre univers et à votre personnalité, que de « haters ». Le New York Times vous a même consacré un article. Pourquoi ces doutes ?

    L.S : Pendant très longtemps, on a essayé de décrédibiliser mon travail, parce que je suis une femme, parce que je suis jeune. Il faut toujours parler plus fort, parler plus longtemps, montrer trois fois plus que l’on travaille. Même sur YouTube, le top 10 des créateurs de contenu sont des hommes. Je pense qu’on en attend moins d’un homme, et c’est pourquoi j’ai toujours l’impression qu’il faut que je fasse davantage mes preuves. Quand j’ai sorti mon bouquin, j’ai été bien attaquée par la presse traditionnelle ou d’autres écrivains. On pense à tort que l’on est très entouré, que l’on déroule un vrai business marketing, etc., alors qu’en fait, le métier de créateurs de contenus n’a qu’un moteur : l’envie et la passion. La partie « influence », et par déclinaison « influençeur », est quelque chose que l’on ne maîtrise pas. Ce n’est pas une fin en soi.

    Léna Situations : « Internet et les réseaux sociaux permettent aussi de faire avancer les débats, de visibiliser des causes et des personnes longtemps laissées de côté par les médias traditionnels. Le fameux ‘mâle blanc de plus de cinquante ans’ doit comprendre qu’il y a d’autres voix en droit de s’exprimer dans le monde d’aujourd’hui. »

    Vous n’avez pas été épargné par Frédéric Beigbeder dans un billet dans Le Figaro. Pourquoi tant de haine ?

    L.S : On peut même dire qu’il m’a complètement descendue ! Quand une personne comme lui qui est dans la lumière depuis des années vous dit : « toi, tu ne peux pas le faire ! », cela nourrit au début ce « complexe d’illégitimité ». Mais, il faut avoir une autre lecture, celle qui vient après coup. Frédéric Beigbeder est l’archétype du « mâle blanc de plus de 50 ans », réactionnaire et défendant son pré carré. Il y a ce côté « mansplaining ». Depuis toujours, ces hommes contrôlent la plupart des médias. C’est à travers leurs yeux que l’on a façonné l’image du monde et même que l’on a orienté notre manière de consommer. Cependant, Internet et les réseaux sociaux, le monde 2.0 ont ramené plein de nouveaux visages, tout en ayant permis de faire émerger des discours jusque-là laissés de côté ou traités avec un seul biais, celui de « l’homme blanc de plus de 50 ans », plein de discours qui n’étaient pas – et qui ne sont toujours pas acceptés.  

    Les réseaux sociaux visibilisent et rendent audibles les problématiques touchant les différentes minorités. Aujourd’hui on nous explique pourquoi l’appropriation culturelle des Africains, par exemple, blesse, pourquoi les femmes, les jeunes sont davantage sujets au syndrome de l’imposteur… Il est très sain d’ouvrir ces conversations avec tout le monde.

    Les attaques de Beigbeder vous ont-elles touchées ?

    L.S : (Rires). Quand j’ai vu ça, je me suis dit : « Je ne veux pas être toi, je ne cherche pas à te vendre mon livre, tu n’es pas mon audience, et je ne veux pas que tu fasses partie de mon audience, tu es justement l’opposé de ce en quoi je crois. Moi, je crois en l’inclusion des jeunes, des femmes, des LGBT+, à la diversité. ».

    Léna Situations à 40 ans ?

    L.S : A 40 ans, j’espère juste vivre dans une grande maison avec un chien. C’est mon but. Une sorte de « maison du bonheur » qui, le soir venu – et week-end -, deviendrait un lieu chaleureux où l’on se retrouverait autour d’un barbecue, d’un film…

    Cette fin d’année, vous avez été désignée comme marraine de l’opération Winter Time Paris orchestrée par le Comité du Faubourg Saint-Honoré en soutien à l’association caritative Imagine For Margo. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

    L.S : Quand on me l’a proposé, j’ai tout de suite dit oui, bien que j’avais un planning démentiel ! J’ai découvert cette opération qui permettait de mêler coup d’envoi des illuminations de Noël dans ce quartier et bonne cause. La fin de l’année, c’est un moment qui n’est pas forcément facile pour tout le monde.  Pour beaucoup, il y a une connotation à la joie, au partage et à la famille, mais pour certains, cela peut être une période compliquée, triste. Je trouve que cela vous met du baume au cœur de marcher dans des rues décorées aux couleurs de Noël, d’être ramené à la nostalgie de l’enfance grâce à cette féerie. Il y a aussi la question de donner de son temps, de donner un coup de pouce. C’est pourquoi j’étais très heureuse de parrainer les illuminations en soutien à Imagine For Margo. (Instagram @wintertimeparis).

    Pour aller plus loin :

    Instagram Léna Situations @lenamahfouf

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    Author: Gwendolyn Donovan

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